Frédéric Albou

Frédéric Albou : For a constant heart

with : Frédéric ALBOU , Jean-christophe Rosaz , Orlando Bass , Philippos Vazakas

For a constant heart
2 sonnets by William Shakespeare
music: Jean-Christophe Rosaz
bass-baritone: Frédéric Albou
piano: Orlando Bass
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XXIII
As an unperfect actor on the stage
Who with his fear is put besides his part,
Or some fierce thing replete with too much rage,
Whose strength's abundance weakens his own heart.
So I, for fear of trust, forget to say
The perfect ceremony of love's rite,
And in mine own love's strength seem to decay,
O'ercharged with burden of mine own love's might.
O, let my books be then the eloquence
And dumb presagers of my speaking breast,
Who plead for love and look for recompense
More than that tongue that more hath more express'd.
O, learn to read what silent love hath writ:
To hear with eyes belongs to love's fine wit.
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Tel un acteur imparfait sur scène
qui par la peur est mis hors jeu
ou une chose féroce emplie de trop de rage
dont l’abondance de force affaiblit son propre cœur
ainsi, par crainte de la confiance, j’oublie
de dire la cérémonie parfaite de rite d’amour
et dans ma propre force d’aimer, je semble défaillir
accablé du poids de ma propre puissance d’amour
o laisse mes livres être l’éloquence
et les présages muets de mon cœur parlant
qui plaide pour l’amour et attend la récompense
plus que cette langue qui l’a tant et tant exprimé
o apprend à lire ce que silencieux amour a écrit :
entendre avec les yeux appartient au bel esprit de l’amour
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XCVIII
From you have I been absent in the spring,
When proud-pied April dress'd in all his trim
Hath put a spirit of youth in every thing,
That heavy Saturn laugh'd and leap'd with him.
Yet nor the lays of birds nor the sweet smell 5
Of different flowers in odour and in hue
Could make me any summer's story tell,
Or from their proud lap pluck them where they grew;
Nor did I wonder at the lily's white,
Nor praise the deep vermilion in the rose; 10
They were but sweet, but figures of delight,
Drawn after you, you pattern of all those.
Yet seem'd it winter still, and, you away,
As with your shadow I with these did play.
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C’est au printemps que j’étais éloigné de vous, alors qu’Avril aux éclatantes couleurs, paré de tous ses atours, animait toute chose d’un tel esprit de jeunesse que le lourd Saturne riait et dansait avec lui.
Et pourtant, ni les chants des oiseaux, ni les suaves parfums des fleurs les plus diverses en odeur et en nuance, ne pouvaient me faire dire un conte d’été, ou cueillir un seul bouton au giron coquet qui l’offrait ;
Je ne m’extasiais pas sur la blancheur des lis, et je n’admirais pas le vermillon profond des roses ; je ne les aimais que comme des formes charmantes dessinées d’après vous, leur modèle à toutes.
Mais je me croyais toujours en hiver, et, vous absent, j’ai joué avec elles comme avec votre ombre.