Brice Le Clair

Brice Le Clair : Brice Le Clair, Preciosa y el Aire - Duo soprano, mezzo et piano (Brice Le Clair)

with : Juliet Dufour , Claire-Elie Tenet

PRECIOSA Y EL AIRE, Federico Garcia Lorca

Su luna de pergamino
Preciosa tocando viene
por un anfibio sendero
de cristales y laureles.
El silencio sin estrellas,
huyendo del sonsonete,
cae donde el mar bate y canta
su noche llena de peces.
En los picos de la sierra
los carabineros duermen
guardando las blancas torres
donde viven los ingleses.

Y los gitanos del agua
levantan por distraerse,
glorietas de caracolas
y ramas de pino verde.

Su luna de pergamino
Preciosa tocando viene.
Al verla se ha levantado
el viento que nunca duerme.
San Cristobalón desnudo,
lleno de lenguas celestes,
mira la niña tocando
una dulce gaita ausente.
Niña, deja que levante
tu vestido para verte.
Abre en mis dedos antiguos
la rosa azul de tu vientre.

Preciosa tira el pandero
y corre sin detenerse.
El viento-hombrón la persigue
con una espada caliente.
Frunce su rumor el mar.
Los olivos palidecen.
Cantan las flautas de umbría
y el liso gong de la nieve.
¡Preciosa, corre, Preciosa,
que te coge el viento verde!
¡Preciosa, corre, Preciosa!
¡Míralo por dónde viene!
Sátiro de estrellas bajas
con sus lenguas relucientes.

Preciosa, llena de miedo,
entra en la casa que tiene,
más arriba de los pinos,
el cónsul de los ingleses.
Asustados por los gritos
tres carabineros vienen,
sus negras capas ceñidas
y los gorros en las sienes.
El inglés da a la gitana
un vaso de tibia leche,
y una copa de ginebra
que Preciosa no se bebe.
Y mientras cuenta, llorando,
su aventura a aquella gente,
en las tejas de pizarra
el viento, furioso, muerde.


Preciosa et le vent

Sur sa lune de parchemin
Preciosa joue chemin faisant
sur un sentier amphibie
de verres et de lauriers.
Le silence sans étoiles,
fuyant la ritournelle,
tombe là où l'océan bat et chante
sa nuit pleine de poissons.
Sur les pics de la montagne
dorment les carabiniers
qui gardent les blanches tours
où vivent les anglais.
Et les gitans de l'eau
élèvent pour se distraire,
des gloriettes de coquillages
et de branches de pins verts.

Sur sa lune de parchemin
Preciosa joue chemin faisant.
A sa vue s'est soulevé
le vent qui jamais ne dort.
Gros Saint Christophe nu,
plein de langues célestes,
il regarde la fillette qui chante
sa douce peine d' absence.
Fillette, laisse-moi soulever
ta robe pour que je te voie.
Ouvre dans mes doigts anciens
la rose bleue de ton ventre.

Preciosa jette le tambourin
et sans s'arrêter elle court,
Le vent-mâle la poursuit
avec une épée de feu.
L'océan fronce sa rumeur.
Les oliviers pâlissent.
Chantent les flutes de l’ombre
et le lisse gong de la neige
Preciosa, cours, Preciosa,
que le vent vert va t'attraper !
Preciosa, cours, Preciosa !
Regarde d’où il vient !
avec ses langues reluisantes.

Preciosa, saisie de peur,
entre dans la maison,
bien au-delà des pins,
du consul des anglais
Effarouchés par les cris
arrivent trois carabiniers,
leurs noires capes ceinturées
et le bonnet sur les tempes.
L'anglais tend à la gitane
un verre de lait tiède
et une coupe de gin
que Preciosa ne boit pas
Et comme elle conte, en pleurs,
son aventure à ces gens,
sur les tuiles d'ardoise
furieux, le vent mord.